Avertir le modérateur

17/09/2011

J'ai mangé un fish&chips avec un ancien joueur néo-zélandais

darren.jpg

Après plus de deux semaines passées dans la patrie de Peter Jackson et des magasins qui ferment à 17H, je me suis senti obligé de vous parler de la différence de mentalité entre la Nouvelle-Zélande et le pays qui a donné au monde du rugby Fabrice Estebanez.  Non pas l’Espagne, la France.  A Napier, j’ai eu l’occasion de déjeuner, grâce à mes camarades de L’Indépendant et du Midi Libre, avec Darren Adams et sa petite famille. J’avoue, je ne savais pas qui était Darren Adams encore ce samedi matin.  «Tu verras c’est un ancien du Racing et il a aussi  un petit rôle dans Le fils à Jo», m’avait briffé ma collègue Valérie. Comme je m’interdis de regarder un film de Gérard Lanvin avec l’accent du Sud depuis sa composition de Charlie Bauer dans Mesrine,  je n’étais pas beaucoup plus avancé. Disons qu’avant ce petit détour par le cinéma, Darren a écumé notre bon vieux championnat de France pas encore certifié Top 14 du PUC au Racing en passant par Grenoble et Strasbourg. Il a même tapé à la porte des All-Blacks avant une blessure à l’épaule. 


«A l’époque je suis  sorti de Nouvelle-Zélande voir du pays et aussi un peu pour le fric», explique Darren qui  a traversé les dernières années de l’amateurisme marron comme troisième-ligne puis trois-quarts centre. L’an dernier, il décide avec sa femme Florence de revenir au pays avec deux petits franco-kiwis dans les bagages. Devant un fish&chips à tomber par terre dans un restaurant donnant sur le front de mer, Darren et Florence dressent un bilan équilibré entre leur vie en région parisienne et celle ici. «Quand vous avez des enfants ou que vous êtes à le retraite, la Nouvelle –Zélande c’est génial.  Mais quand tu as 20 ans, il faut aller voir ailleurs», assure Darren qui compare la vie nocturne de Napier à celle de Limoges. Après un vendredi soir à chercher un restaurant ouvert passé 20H pour finalement échouer dans le pub irlandais de service à manger des pizzas avec deux sexagénaires reprenant  Blondie et les Clash en fond sonore,  je ne vais pas lui donner tort.

darren2.jpg

Fatiguée par la vie parisienne, Florence apprécie la douceur et la lenteur de vie locale. «C’est calme ici, trop parfois. Je suis toujours incapable de dîner à 18h après le boulot.» En revanche, elle ne regrette pas une seconde son choix concernant l’éducation de ses deux petits garçons. «A l’école, il n’existe pas la pression qu’on met sur les gosses en France. Le plus important pour les Néo-Zélandais c’est d’abord l’épanouissement de l’enfant. Ils ne sont pas obsédés par les notes et fonctionnent par groupe de cinq ou six élèves. Au début mon aîné ne parlait pas encore anglais mais il se sentait valorisé parce qu’il ramenait des points à son groupe en sport en art.»  Malgré le cadre de vie, le couple admet une certaine nostalgie de la France que Darren combat avec des comédies bien de chez nous. Il avoue avoir revu dernièrement «Le Dîner de cons, la Vérité si je mens et les Bronzés». On comprend bien sa participation dans Le fils à Jo.

Quand on le lance sur le côté très «la règle c’est la règle» de ses compatriotes, Darren regrette son pays d’adoption. «J’aime bien, parce qu’en France  on peut toujours négocier».  En rugby, c’est un peu la même limonade.  Les Néo-Zélandais sont incapables de dévier de leur plan de départ.  Darren a une bonne anecdote croustillante qui illustre cette rigidité: «Un jour j’ai reparlé de la défaite de 2007 avec Kelleher. Bon, il devait avoir un gramme dans chaque bras mais il m’a raconté ce qui s’est passé à la mi-temps. Dans le vestiaire, il  a dit aux autres joueurs qu’il  fallait changer de tactique sinon ça ne passerait en seconde mi-temps. Là, tu as les trois mages en haut (à savoir le sélectionneur Graham Henry et ses deux adjoints) qui lui  ont fait comprendre qu’il fallait garder le système prévu avant le matchOn connaît la suite.

Malgré cette propension des Blacks à merder le Jour J, Darren a encore misé sur une victoire finale de Dan Carter et ses copains. «Mais ça fait trois coupes du monde  de suite que je me plante», prévient-il.  Rassure toi Darren, vous devez être quatre millions et quelques de Néo-Zélandais dans ce cas. Et puis nous, la Coupe du monde, on ne l’a toujours pas gagnée. Et pas sûr qu’on commence cette année.

13:36 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Bravo à Florence d' avoir à temps compris que le système scolaire français ne favorisait pas l'èpanouissement des enfants ,oui les petits néo-zélandais sont plus cools et aussi diplomés au final sans anti-dépresseurs..et en cherchant on trouve aussi à Napier des restau qui nous servent après 19h.et pour les course il y a les magasins Fix je crois qui ouvrent 24h sur 24...presque partout en plus les Kiwis sont tellement sympa..et serviables.

Écrit par : Dolores | 18/09/2011

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu