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07/09/2011

Une com Black et d'équerre

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Un journaliste sportif passe un peu sa vie en conférence de presse, stylo à la main et dictaphone posé sur la table pour ne rien rater.  Un événement comme la Coupe du monde de rugby est l’occasion de comparer la façon dont chaque sélection aborde l’exercice. Chez les Bleus, on est encore à la bonne franquette si on compare avec le cousin du foot. Une fois passé les quelques questions de rigueur (Alors ça te fait quoi d’être titulaire? Est-ce que le groupe vit bien?) un Skrela  - pour parler de mon dernier joueur en interview  - peut passer dix minutes en aparté à papoter de la rentrée scolaire de sa fille et des nouvelles du pays. On connaît certains tricolores très expansifs un jour et qui vont expédier l’exercice en quatrième vitesse le lendemain.


Chez les All-Blacks, la conférence de presse est une affaire sérieuse, carrée et moins décontractée. J’ai eu l’occasion de m’en apercevoir lundi dans un hôtel du centre d’Auckland. Passons sur la taille de salle plus adaptée à une équipe comme la Namibie que la Nouvelle-Zélande. Les trois joueurs désignés arrivent avec un quart d’heure de retard après un entraînement plus long que prévu. Pour le casting, nous avons le pilier Ben Franck («le plus facile à comprendre avec sa voix de pucelle» balance un collègue du Midol), l’ailier Cory Jane et son bouc et enfin l’avocat et trois quart-centre Conrad Smith qui avec son cheveux sur langue pourrait être l'Arnaud Klarsfeld local.

Première remarque, les trois portent le polo de rigueur là où les Français affichent une parfaite désunion vestimentaire entre un Yachvili en maillot bleu de match, un Estebanez en tee-shirt gris et un Heymans habillé à la Heymans, c'est-à-dire avec ce qu’il trouve. Tout de suite, on sent les gars rôdés à jouer avec les médias. D’un voix assuré (alors que le Français a tendance a marmonné à deux mètres du micro), un Smith fait le boulot alternant réponse sérieuse, petite blague et langue de bois de rigueur quand il le faut.

A côté, Jane tape sur l’épaule de son pote comme si ce dernier venait de déchirer la défense australienne. Quand on lui demande de parler du troisième match contre la France, Jane commence à rappeler qu’il y a d’abord les Tonga et le Japon avant. «C’est un cliché mais il faut prendre les match les uns après les autres… Ok, c’est un énorme cliché», se marre-t-il. Le mec a tout compris.  A la différence des Français également, les Néo-Zélandais donnent moins dans la familiarité, il n’y a pas chez eux de réponses qui vont s’adresser à un seul journaliste.

A la fin, je n’ai rien appris de fondamentale mais j’ai compris que les All-Blacks étaient une chose trop importante en Nouvelle-Zélande pour que leur communication soit gérées à la légère. Les quelques confrère français présents avec moi ont tous noté «le professionnalisme extraordinaire» de ces garçons. Mais pas sûr qu’on veuille échanger ça contre les blagues de Barcella, une discussion franche avec Harinordoquy et l’humour à froid d’un Heymans. We still french.

00:01 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0)

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